Comme le décrit le HUB Management dans l’ouvrage, les agences de presse bénéficient de l’engouement croissant des citoyens pour l’information à la source.
En effet, la diversité des médias, que ce soit sur papier, sur le Web, sur les radios ou à la télévision, donne lieu à une multiplication des couches d’interprétation sur les faits bruts. Dès lors, on assiste à un retour en force de l’actualité informative, qui laisse tout le champ aux lecteurs, aux auditeurs, aux téléspectateurs, aux internautes, aux mobinautes, de faire leur propre opinion. Ainsi, on retrouve directement accessibles sur les pages d’accueil des sites de grands journaux le flux des dépêches AFP et AP, comme c’est le cas sur LeFigaro.fr, LeParisien.fr et bien d’autres.
LeFigaro.fr
Le Parisien.fr
De plus, les agences AFP et AP ont conclu des accords avec Google, permettant au moteur de recherche de diffuser leurs dépêches. En contrepartie, Google pointe vers les articles relatifs à la dépêche (les « Related articles » en bas à gauche). De sorte que lorsque l’internaute tape une requête sur un fait d’actualité dans Google News, il peut trouver parmi les résultats l’information brute des agences, et non plus seulement les articles d’angle des journalistes.
Mais cette accessibilité a un prix, ou plutôt n’en a pas ! Car en faisant cela, les agences, qui réservaient jusqu’alors leurs dépêches aux seuls abonnés, se rendent disponibles à tous les internautes, et ce gratuitement. Comment alors trouver alors un modèle économique qui permette aux agences de s’adapter à cette nouvelle ère médiatique ? Là est toute la question, et ce d’autant plus que dans la guerre de l’information, les agences se trouvent concurrencées par les autres médias sur le Net, qui sont leurs propres clients.
Il leur faudra sans doute notamment segmenter leur offre, tant au niveau thématique qu’au niveau du format.
Au niveau thématique tout d’abord, en adaptant leur offre d’information en fonction du domaine d’activité de leurs clients, afin de leur fournir l’information la plus personnalisée et donc la plus utile possible. C’est déjà le chemin emprunté par Reuters depuis quelques années, qui a mis en place notamment des services d’informations financières à disposition d’une clientèle de financiers.
L’agence française AFP a elle aussi entrepris de se spécialiser, en montant un partenariat avec Relax News pour créer le premier fil d’information axé sur l’actualité des loisirs. Le fil info est lui-même divisé en quatre thématiques principales : le bien être, la maison, les divertissements, et le tourisme.
Outre l’accès au fil info, RelaxNews propose aussi à ses clients la production de contenus éditoriaux sur-mesure (texte, photo, maquette) et la réalisation de pages, rubriques, suppléments, hors-séries thématiques ou régionaux pour le print, le web et le mobile.
Mais la spécialisation peut également se faire au niveau du format : texte, photo, vidéo. En effet, la verticalisation des contenus peut permettre aux agences de coller davantage au rythme de l’actualité, au lieu de se cantonner à l’article illustré, qui prend plus de temps à produire puisqu’il faut coordonner et rassembler les éléments. C’est le virage qu’a pris l’agence américaine AP avec sa section APTN (Associated Press Television News). Un service télévisuel désormais reconnu dans le monde entier qui a su développer un réseau international grâce au réseau initial d’AP : aujourd’hui, ce sont 330 réseaux de télévision qui reçoivent le service APTN et SNTV, une filiale d’AP spécialisée dans le sport.
Ainsi, plusieurs questions restent en suspend quant à l’avenir des agences de presse. Parmi celles-ci, quelle sera la première agence qui aura le courage de cesser de jouer au chat et à la souris avec l’offre gratuite, et qui s’ouvrira clairement au grand public ? Cette évolution semble en effet aujourd’hui inéluctable, au vu des tendances actuelles de l’information accessible à tous sur le Net. De plus, l’avenir économique des agences de presse passe-t-il par une mutation en groupe de presse pure et simple ? …
La HUB team était reçue le 9 septembre dernier par Nicolas Bordas, dans les locaux de l’agence TBWA France dont il est le président depuis 5 ans. L’occasion de faire le point sur sa vision de la communication à l’ère du tout-info, et sa perception du métier de communicant depuis son élection à la tête de l’AACC, le syndicat professionnel des agences-conseils en communication, en juin dernier.
Ambiance décontractée et chaleureuse dans ce bureau design où des tas de livres et d’affiches se font écho, avec un seul mot : « disruption ». De quoi intriguer le visiteur qui souhaite en savoir plus. En réalité, la « disruption » est un concept créé de toute pièce par BDDP, nouvellement TBWA, qui consiste, pour une entreprise, à prendre des risques avec sa communication, à bousculer les conventions. Une notion qui n’est pas étrangère au HUB, voire, qui le complète. Et c’est ce que nous explique Nicolas Bordas. « Comme le disait Jean-Marie Dru, fondateur de BDDP, la disruption c’est le fait de croire que l’on peut transformer le futur d’une entreprise grâce au simple pouvoir d’une idée. Le HUB, c’est toute la tuyauterie qui permet de diffuser cette idée ». Discussion riche sur les rapports entre contenu et systèmes de diffusion, entre le message et ses canaux.
Mais l’équipe du HUB s’intéresse aussi beaucoup à la facette AACC des différents métiers de Nicolas Bordas, et l’interroge sur sa perception de la médiasphère actuelle en tant qu’influenceur. Selon lui, le HUB Management intègre une donnée novatrice, celle de la temporalité de la diffusion de l’information. « L’aspect chronologique est quelque chose qui nous manquait, et que j’ai trouvé ici ».
Du point de vue des médias-relais et des outils, Nicolas Bordas mise sur l’intégration du micro-blogging au sein de la communication interne. En effet, il a mis en place au sein de l’AACC l’utilisation de Yammer, une plateforme type Twitter appliquée au monde professionnel. Une nouvelle sorte d’intranet collaboratif sur lequel chacun peut s’exprimer et donner son avis. « Chaque semaine je poste une décision, tout le monde peut la commenter, puis on en parle. Je considère que « qui ne dis mot consent », et que si personne ne poste d’objection, la décision est validée ».
Simple, efficace, encore fallait-il y penser. Bienvenue dans l’open space 2.0 !
1. L’exemple TMZ.com
Au delà du drame, l’annonce du décès de Michael Jackson a révélé l’importance pour les medias de bien gérer le temps de l’information de grande ampleur, mais aussi de la défiance actuelle des medias traditionnels à l’égard des medias online. Pour en savoir plus, un HUB Report a été réalisé.
La soirée du 25 juin a débuté par un article du site TMZ.com, annonçant le transfert de Michael Jackson à l’hôpital UCLA de Los Angeles suite à un arrêt cardiaque, et surtout, sa mort. Il est 14h20 (heure de la côte Ouest américaine) et TMZ titre avec certitude : « Michael Jackson dies ».

La rumeur fait bien entendu le tour de la planète, notamment via la bouche-a-oreille des réseaux sociaux, mais les medias traditionnels qui reprennent l’information utilisent le conditionnel et renvoient TMZ à ses responsabilités concernant l’annonce du décès. L ‘exemple le plus significatif est celui de CNN qui préfère n’évoquer que l’arrêt cardiaque, citant une source « au courant de l’affaire ».

Une demie heure plus tard le Los Angeles Times confirme : « Michael Jackson is Dead ».

Ce n’est qu’à partir de ce moment que les confirmations du décès de la star commencent à tomber sur les chaînes américaines (et françaises), notamment MSN BC et NBC.
Pour autant, CNN campe sur ses positions et refuse toujours de parler de décès. Contradictoire pour une chaîne qui avait construit sa renommée lors de la guerre en Irak pour ses « breaking news » fracassantes. Là, CNN joue la sécurité et la temporisation, en ne communiquant que sur un coma.

Finalement, ce n’est qu’après l’annonce par l’hôpital que CNN a confirmé à son tour l’annonce du décès, en « breaking news » d’abord, puis en article pleine page sur la Une de son site.


La courbe suivante illustre parfaitement le buzz déclenché par l’annonce de TMZ.com aux alentours de 14h20 et la reprise immédiate, dont le point culminant a été tout de même la confirmation par CNN, qui reste le média à très forte propagation.

2. L’exemple Twitter
Autre phénomène intéressant, le ralliement des stars sur Twitter pour exprimer leur tristesse et leur stupeur à l’annonce du décès.
Spontanément, un très grand nombre de célébrités de la musique, du cinéma et du monde artistique en général, à l’échelle internationale, ont choisi la plateforme de micro-blogging pour réagir, avant même la confirmation de la mort de Michael Jackson.


Ce phénomène peut sans doute s’expliquer par le fait que le micro-blogging, permettant une communication instantanée, est la plateforme la plus appropriée pour exprimer une émotion, un ressenti. En tous cas, le décès du Roi de la Pop a fait exploser tous les records en termes de twitts, puisqu’au 25 juin, les twitts d’hommage (comprenant les mots « Michael » « Michael Jackson », « MJ ») représentaient pas moins de 30% de la totalité des tweets.

Des twitts que les médias traditionnels ont largement repris, sans pour autant citer Twitter comme source (pour ce qui est des medias français). Ce qui montre que si pour les Etats-Unis, Twitter a remplacé le communiqué officiel, en France, les twitts ne sont pas encore considérés comme sources crédibles d’information.
Google, Yahoo et Facebook s’accordent à dire que la mort de Michael Jackson aura été l’information la plus consultée depuis la création d’internet.

Le 24 Juillet, soit 1 mois exactement après sa mort, la propagation d’une nouvelle information sur le meurtre présumé du chanteur a relancé le sujet. A suivre…
Après avoir été directeur général de l’institut CSA durant 17 ans, Stéphane Rozès vient de fonder la société CAP, Conseils Analyses et Perspectives. C’est donc en expert de l’opinion qu’il analyse le HUB Management.
Il s’agit pour lui de « la première tentative de recension de tout ce qui participe à la construction d’une opinion publique mobilisée dans les médias ». Une initiative importante et nécessaire, puisqu’elle permet de théoriser une science jusque là peu connue, voire méprisée des théoriciens eux-mêmes, et à la fois de donner des clés pour l’application pratique et concrète de ses énoncés.
Mini-révolution donc en matière de cartographie des étapes de la circulation de l’information, qui va permettre selon Stéphane Rozès de dessiner le « territoire d’image » de ses clients.
« Mon métier est un métier de conseil en stratégie d’opinion. Pour un Etat, des collectivités territoriales, entreprises et administrations je travaille sur les cohérences entre leurs identités, messages et conduites. […]Et donc je conçois le Hub comme une promesse de valider in vivo des territoires d’image, mais aussi st surtout comme une pédagogie pour mes clients sur les éléments structurants de la communication par la preuve ».











